mercredi 27 août 2008

De l'usage du "fuck" dans la langue anglaise

J'ai eu une petite altercation avec ma voisine de couloir car, je vous le rappelle, dans les cités universitaires suédoises, on a notre propre chambre avec salle de bain, mais on doit partager la cuisine, qui est commune à environ 10 étudiants (c'est une grande cuisine Ikéa).
Donc, j'ai une voisine qui est Anglaise ou Suédoise (je pencherais plus pour "anglaise" car vu le spécimen...je me dis qu'un Suédois ne serait pas comme ça), et celle-ci est tout simplement un "cas social" -je n'utilise jamais ce mot mais dans ce cas, je pense que c'est justifié- parce qu'elle ne range rien dans la cuisine, laisse ses assiettes sales dans l'évier, laisse des déchets sur les plans de travail, refuse de l'admettre quand on lui fait des remarques, et, comble de l'histoire, réussie même à accuser les autres de ses propres actes. Je pense en réalité qu'elle est folle.

Après les faits, venons en à la leçon que j'ai tiré de notre conversation. Car même si je me suis accroché avec elle, j'ai appris beaucoup de choses en anglais, et notamment sur l'usage du mot "fuck" qui signifie "putain". Moi qui croyais que les Américains étaient les spécialistes de l'usage du mot "fuck", qu'il déclinent à toutes les phrases ou à toutes les sauces comme on veut, en vérité, les Anglais l'utilisent aussi pas mal. Alors j'ai eu droit à "Je nettoie ma merde! Chacun nettoie sa putain de merde! je l'ai fait! Alors putain, ne vient pas me laisser des putains de mots sur ma porte! Putain!". Voilà un exemple type de ce que sait dire ma voisine en anglais. Donc maintenant, je suis un spécialiste de la construction des phrases avec "putain" à l'intérieur. Demandez moi si vous avez à insulter quelqu'un, je vous conseillerais.

Alors en effet, je lui ai laissé un mot sur la porte de sa chambre, car elle refusait de répondre quand je m'y présentais. Sur ce mot, je lui ai demandé de ranger et nettoyer ses affaires à la cuisine, parce que c'était dégoutant. Mais, l'erreur n'était pas là: je l'avais appelé Carine au lieu de, son vrai prénom, Elizabeth. Scandale en "fuck". "Putain tu m'appelles Carine, qu'est ce que j'en ai à foutre de cette putain de Carine, moi c'est Elizabeth ok?"

Au final, comme elle trouvait normal de parler comme ça, avec autant de "putain", j'ai laissé passé, en lui demandant quand même au passage "Pourquoi tu dis autant de "putain" dans tes phrases?". Elle m'a répondu "Putain je parle comme je veux ok?" (le putain c'était "come on" en anglais, bon en fait c'est "Vas yyyy").

En tous cas, aujourd'hui elle avait fait sa vaisselle. J'en ai déduit que pour obtenir de cette "Elizabeth" un semblant de civilité, il fallait d'abord qu'elle débite un certain nombre de "putain". C'est comme une sorte d'échauffement qu'il lui faut pour devenir normale.

Enfin, c'est une question de chocs des cultures. C'est assez exotique finalement: mais avant d'arriver en Suède, je pensais quand même être dépaysé autrement qu'en recevant une avalanche de "putains".

Toutefois, j'ai pu obtenir que tous les colocataires se réunissent un jour la semaine prochaine afin qu'on fasse un grand nettoyage et qu'on fixe des règles de vie. A suivre!

vendredi 22 août 2008

Du "summering" au "coffee and fika", petit tour d'horizon des particularités culturelles suédoises

J'ai assisté à mes premières réunions d'orientations qui ont pour but de nous faire découvrir l'université, les cours, le fonctionnement du système universitaire suédois etc...Tous les étudiants étrangers ont été accueilli dans l'amphithéâtre "Alla Magna" qui est le bâtiment le plus récent de l'université de Stockholm. Et dire qu'ils sont fiers de leur bâtiment n'est rien, ils en sont fous! Combien de fois on nous a rappelé que l'amphithéâtre a été conçu par l'un des plus grands architectes suédois du moment?
A force, nous avons intégré le fait qu'il est la vitrine d'un certain état d'esprit suédois parce qu'il est construit en pleine nature (comme toute l'université par ailleurs), les matériaux avec lesquels il est fait sont naturels et se veulent respectueux de l'environnement. Mais en même temps, l'amphithéâtre possède toutes les qualités qu'un tel lieu exige à savoir le confort, les nouvelles technologies, bref il se veut traditionnel et moderne à la fois, il se veut Suédois, et ici, tout le personnel de l'université le revendique.

C'est donc dans un petit bijoux d'architecture que nous avons été accueillis à la Stockholm University.

Les réunions d'orientation ont été l'occasion de beaucoup de choses. Mais un élément m'a interpellé -sans doute pas le plus important- mais bon...En fait, sur les programmes des journées d'orientations, on pouvait lire: "Breack 10.15-10.45: we offer fruits and mineral water". Donc on nous a proposé "de l'eau minérale et des fruits" à chaque pause! Alors, à défaut de découvrir par nous même les habitudes suédoises, nous en avons appris une en la pratiquant directement, à savoir celle -très importante- de manger sain et naturel, et, pour notre cas, cela s'est traduit par boire de l'eau et manger des fruits (au lieu d'absorber un Coca et de dévorer un Kinder Bueno).

Mais c'est le professeur de "Pratiques culturelles suédoises" qui nous a montré à quel point la Suède est typique dans sa culture et dans sa société. Dès le début de sa présentation, il a déclaré, d'une pertinence limpide: "Tout ce que vous voyez en Suède et que vous ne trouvez pas ailleurs constitue la culture suédoise"...

...Après avoir posé cette vérité, Professeur Sverker Hyltén-Cavallius nous a présenté son cours en égrénant une à une quelques spécificités suédoises, typiquement et uniquement suédoises, qu'on ne trouve qu'en Suède et nulle part ailleurs, bref, ce qui fait que la Suède est la Suède et pas seulement un pays occidental comme tant d'autres. De sorte que même si les Sudéois parlent un anglais parfait, même si eux aussi sont gagnés par une culture anglo-saxonne qui étouffe et unifie tout, même s'ils sont occidentaux et s'en revandiquent, ils sont avant tout Suédois, et la nation suédoise de beaux jours devant elle.

Voici donc un rapide aperçu des pratiques culturelles qui permettent de différencer la Suède des autres nations.


Le Queuing
Typiquement suédois, le "queuing" est tout simplement un système qui permet, dans une file d'attente, de faire la queue intelligemment.
Mode d'emploi: prenez un petit ticket sur lequel se trouve un numéro, et, quand vient votre tour, que votre numéro s'affiche, c'est à vous! Ne vous inquiétez pas, vous n' attendrez pas debout, car le plsu souvent, des fauteuils ou des sièges sont tout spécialement prévus pour ce rite. Quelques journaux sont à votre disposition, et comme dans ce système, l'ordre est établi par les numéros, on ne craint pas de se mélanger, et toute fraude à la file d'attente devient donc impossible!
Je sais bien que la France connaît aussi ce système dans...les boucheries au supermarché, à moins que ça ne soit au rayon crèmerie?... Mais ici il est généralisé: à l'université, à la banque, à la gare, bref partout où il faut attendre. A défaut de queuing officiel, c'est une file d'attente informelle qui se crée, un peu comme en France, mais les Suédois n'aiment pas ça...Et surtout, gare à celui qui ignore le système ou tente de le contourner: les Suédois ne manqueront pas de vous lancer un regard assassain. Toutefois, ils ne vous feront aucune remarque, mais la pression du groupe vous obligera à renoncer à l'incivilité. Voir le paragraphe "Conflict-avoiding" pour plus de précisions !

Cracher en public
Alors là, je suis tombé des nues. Comment un peuple aussi civilisé peut-il admettre le crachat public? La réponse, je ne la connais toujours pas. Mais dès que je la trouve, je vous tiens au courant. En attendant, je pense que je n'intègrerai pas cette coutume, sauf cas de force majeure. Bref !

Le Coffee and fika
C'est un moment privilégié de la vie sociale en Suède. En fait cette pratique est la suivante: quand les Suédois discutent, que ce soit au travail, à l'école ou entre amis, ils ne peuvent pas avoir une conversation sans être accompagnés d'une tasse de thé ou de café, sans grignotter quelque chose ou sans avoir à disposition quelques cookies ou biscuits secs. Le Professeur nous a expliqué que le "Coffe and fika" a une fonction rassurante, car si les Suédois sont très polis et assez avenants, ils demeurent assez timide et surtout, ils ne se livrent jamais.

Le Heavy drinking
Alors il paraît que les Suédois boivent facilement de l'alcool et du vin. Peut-être est-ce pour lutter contre le froid? En tous cas, une chose est sûre, c'est qu'en semaine, ils sont tout à fait sobres, travail oblige. Mais le week-end, les pubs de Stockholm sont remplis de Suédois qui boivent beaucoup, c'est vrai. Il y a aussi une autre coutume qui s'appelle le "petit week-end". C'est le mercredi soir, et les Suédois sortent en ville, comme si c'était un samedi soir. Il y a moins de monde bien sûr, mais c'est une occasion de sortir.

A propos d'alcool, je suis allé à Ikéa, et comme il était midi, j'ai décidé d'y déjeuner. Sur le menus, une photo représentait les traditionnelles boules suédoises -les Köttbullar- et à côté de l'assiette, un verre de vin rouge et une tasse de café, le tout pour 55 couronnes suédoises. Je prends!

Au moment de passer à la caisse, je demande à la dame "Où dois-je me servir pour le verre de vin rouge?". Elle me répond: "Euh, en fait, le vin rouge n'est pas inclus dans la formule". Je continue "Ah bon? Et pourquoi y-a-il un verre de vin rouge sur le menu alors?". Réponse de la dame suédoise: "En fait, ça n'est pas du vin rouge, c'est un verre de jus d'airelles".
Je ne pouvais pas me mettre sous la caisse pour me cacher, je n'y avais pas accès. Mais j'ai appris ensuite que l'autre personne avec qui j'étais avait demandé la même chose que moi, à savoir du vin rouge. Alors j'ai mis cette petite erreur sur le compte du "Je suis Français, et un repas sans vin n'est pas un vrai repas!".

Le Conflict-avoiding
Eviter le conflit. C'est primordial ici en Suède. Les Suédois sont calmes, ne parlent pas fort, ils sont discrets, en d'autres termes, c'est tout le contraire des latins. D'ailleurs, l'absence de conflits sociaux et de clivages politiques marqués expriment bien cet état d'esprit. Dans la vie de tous les jours c'est pareil, le Suédois fait tout pour éviter les conflits de toute nature, et c'est tout à son honneur!

L'égalité avant tout
En tant que Français on est plutôt habitué à une certaine hiérarchie, que ce soit au sein de l'entreprise, à l'école ou dans le fonctionnement de l'Etat. Ici, que nenni, l'égalité est au fondement de tout.
Ainsi, le Directeur du Département de Sciences Politiques possède le même bureau que celui de l'Union des étudiants! En France, ce serait inimaginable. On a davantage l'habitude que le Directeur ait un bureau de directeur, un costume de directeur, des habitudes de directeur, en un mot, que toute la mise en scène et le décorum montrent que la hiérarchie est là et qu'il faut la respecter!
En Suède, pas du tout. Nos professeurs -les hommes en particulier- s'habillent chez H et M et pour la plupart ne connaissent pas le costume pour aller travailler. De sorte que la hiérarchie se fait davantage dans les esprits que dans l'apparance. Après tout c'est pas plus mal.
Mais quand même, je préfère le côté Français sue ce coup là!

Le Summering
C'est peu être la plus suédoise des spécificités culturelles. C'est l'attitude et l'état d'esprit selon lequel chaque Suédois se dit, automne comme hiver, que le temps est estival, et que même s'il fait gris, que l'orage menace, ou qu'il pleut, tout va finir par s'arranger, et l'on appréciera d'autant plus le soleil quand il sera de retour.
Alors j'ai essayé d'adopter la "summering" attitude mais j'avoue que quand il pleut au moins une fois par jour, c'est difficile.

Enfin, on verra en novembre quand le soleil se lèvera à 9h00 pour se coucher à 15h! Peut-être que le Summering s'imposera de lui même.

dimanche 17 août 2008

Arrivée fracassante

Après ces quelques jours de silence, je dois vous expliquer ce qui m'est arrivé.

Ce qui s'est passé est juste inconcevable dans un monde civilisé. Je devais arriver à Stockholm le 12 août et j'avais réservé une chambre dans un appartement au 7 Karlsgatan...surprise à mon arrivée: l'appartement n'existait pas. C'était donc une arnaque, je passe les détails.

Me voilà donc tout seul à Stockholm avec mes bagages et sans aucun contact! Je ne pouvais même pas appeler Hugo, Ameline ou Laure qui passent également leur année ici car je n'avais ni leur mail ni leur numéro. J'avais avec moi une valise de 17kg, mon sac pour l'ordinateur portable et un autre sac type grand sac de sport que je portais en bandoulière. Inutile de vous dire que j'ai dû galérer pour transporter tout ça dans les rues de Stockholm.

Face à l'escroquerie, mon premier réflexe a été de contacter l'ambassade de France. Et quel bon réflexe! Moi, en bon petit élève de Sciences Po, on m'a toujours appris que les Ambassades de France ont pour but de défendre les droits des Français à l'étranger et je n'ai pas été déçu du voyage. Pour appeler l'ambassade, j'achète donc une carte téléphonique -ça existe encore heureusement-. J'explique ma situation et la dame du standard et elle m'annonce tout naturellement: "C'est très embêtant monsieur, mais l'ambassade ne peut rien faire pour vous, il faut vous rendre à la police".
Pourtant elle voulait m'aider, je l'entendais à sa voix, c'était une dame volontaire. Alors, d'un ton pédagogique, elle ajoute: "En Suède, il faut savoir qu'on ne parle que l'anglais et le suédois". Ah bon? Ça tombe mal moi qui suis là pour apprendre le chinois.

Je me rends donc à la police et je mets environ une heure pour trouver un poste, bagages à transporter et déambulations diverses oblige. Entre temps j'essayai de me connecter à Internet pour prévenir ma famille de ce qui m'était arrivé.
Exténué à cause du voyage et de tout ce qui m'arrive, j'entre dans le bureau de Polisen. Mon anglais est l'anglais de quelqu'un de fatigué, qui ne trouve pas ses mots, qui pense en Français...l'horreur. Avec les chocs de la journée, mon anglais s'était progressivement transformé en anglais-yaourt.
D'où ma première phrase: "Hello, I have a problem". Mais l'anglais-yaourt a du bon car l'agent me répond "Ah vous êtes Français? Je parle français". Soulagement. C'était le premier point positif de la journée. Il était temps, c'était 15h.

Dans le minuscule bureau de police aux murs jaunes (jaune suédois sans doute?), je m'installe sur une petite chaise et m'adresse au policier par le biais d'un rectangle découpé dans une grande cloison de pléxi qui me sépare de lui. Je porte plainte, j'explique les faits et pendant ce temps, le policier traduit mes déclarations en suédois. Il les saisi ensuite sur son ordinateur. C'est la seconde fois de ma vie que je porte plainte. La première, je m'en souviens, on m'avait volé mon autoradio.

Tout cela prend beaucoup de temps alors, entre deux questions du policier, je regarde ma montre et je me dis que sorti de ce bureau, je dois encore trouver un endroit où passer la nuit, un hôtel, une auberge de jeunesse, quelque chose. 16h passent, 17h, 18h. Enfin je termine ma déposition. Le policier me propose de téléphoner à des auberges de jeunesse. Alors il sort une liste de son bureau (il devait avoir l'habitude) mais il m'annonce qu'à cette saison, ce sera très difficile de trouver une disponibilité. En effet tout était complet.

J'explique au policier que je vais me débrouiller et trouver un hôtel, même si le prix des chambres à Stockholm est exorbitant. Je le remercie "d'avoir parlé français", et il me rappelle de repasser dans une semaine pour m'informer de l'évolution de l'enquête.
A la sortie du poste de police, je n'avais, enfermé dans cette cabine, pas vu le jour depuis 15h. En fait il faisait presque nuit! Alors vite, je me dépêche. Aussi, je commence à m'inquiéter. J'étais même angoissé.

Alors je me souviens avoir vu un hôtel à la sortie de Central Station, l'Hôtel Best Western Terminal. Il devait avoir quelques étoiles, vu le prix des chambres! Je n'avais pas d'autre solution, alors je m'y rends et réserve une chambre. Je monte dans ma chambre.
En entrant, sur l'écran de télévision il y avait écrit "Hello Mister Deumier. Welcome to the Terminal Hotel". Un fond musical accompagnait le doux message d'accueil. C'était ABBA, enfin c'était une radio suédoise, et j'ai cru reconnaître le très seventies "The name of the game". Ô, Suède si tu n'existais pas on devrait t'inventer et inventer ABBA aussi!

Durant cette première journée suédoise, ça devait être la 10 000 ème fois que j'appelais ma famille par Internet, pour leur raconter l'évolution de mes péripéties et pour essayer de trouver des solutions.

Enfin, le soir venu, il est 23h et j'estime que cette journée de m.... a assez duré. Il est temps d'y mettre fin. Bain chaud, brossage de dents et au lit.


Le lendemain, à la première heure, je me lève -déjà fatigué- pour me rendre à l'ambassade de France à dix minutes de métro à Kommendörsgatan (gatan=rue en suédois). Je me dis que si j'y vais, que je leur raconte l'arnaque dont j'ai été la victime et qu'ils me voient dans cette situation, à une semaine de la rentrée universitaire, sans rien, sans logement, dans Stockholm qui souffre d'une pénurie de logements, ils se bougeront un peu pour me donner des contacts...
J'arrive à l'ambassade, déjà crevé d'avoir eu à chercher cette rue, j'ai dû me tromper deux fois, j'ai dû revenir deux fois sur mes pas, je passe la barrière du vigile de l'entrée qui veut bien me laisser pénétrer sur le territoire français.

Ah l'ambassade! Les dorures et les apparats de la République! Les posters de "La France" avec des payages de la France profonde, tels qu'on les aime, avec le clocher, les pâturages, un peu comme sur l'affiche de campagne de Mitterrand "La Force tranquille". Au dessous de ces paysages, une photo avec une belle grappe de raisin, une bouteille de vin rouge, du fromage (du Roquefort je crois), de la charcuterie: rien ne manque. La France est là. Sa grandeur, son rang dans le monde. Ah! Je sens que la nation me prends par la main...et va m'aider. Enfin, une fois que j'ai passé les posters, je me retrouve devant la dame de l'accueil. Je ne connais pas sa fonction. Mon moral était fluctuant, j'étais inquiet, énervé et contrarié, alors je lui pose un certain nombre de questions auxquelles elle ne peut pas répondre. D'ailleurs, elle m'avoue sans complexe quelques minutes plus tard "Alors, en dehors des passeports et des cartes d'identité, ne me demandez rien !", avant d'éclater de rire. Véridique.
Dans ces conditions, je lui rappelle mon cas, et demande à parler à l'autre dame que j'avais eu hier au téléphone. Celle-ci arrive et me confirme que l'ambassade "ne peut rien faire pour moi" avant d'ajouter "Après tout, vous êtes étudiant, c'est à l'université de se bouger". Très bien. Mais moi, qu'est ce que je fais en attendant? Alors je leur demande si elles connaissent des personnes qui éventuellement louerait des chambres à des étudiants. Miracle, l'une des deux personnes s'est souvenu qu'une annonce de logement avait été affichée dans son bureau. Elle y va, appelle la personne en question (il a fallu que je négocie l'appel en question, au début elle me donnait uniquement le numéro de téléphone). Sans succès la chambre a déjà été louée.

Comme pour me rassurer (ça a marché d'ailleurs) une des deux dames de l'ambassade me raconte alors que son fils a vécu un an au Mexque et qu'il s'est fait arnaqué comme je l'ai été. Aussi, elle me raconte qu'elle même a galéré pour trouver un logement au début, quand elle est arrivée sur Stockholm, et de conclure "Au début vous allez douiller à l'hôtel, mais ensuite, au bout d'un mois, vous trouverez bien, comme tout le monde".

J'étais rassuré à moitié. Finalement, les deux miss ambassade de France m'ont envoyé à l'Institut Français de l'autre côté de la rue, où l'une des personne allait peut être pouvoir m'aider. Au total j'ai passé une demi heure intense à l'ambassade, et, au bout de longues négociations, j'ai obtenu un contact à l'Institut Français...et il s'est avéré concluant.

A l'Institut Français, c'est une dame qui m'accueille dans son bureau, très gentille et très énergique, et qui me dit dès mon entrée: "Alors! C'est vous qui galérez? Vous avez perdu tous vos papiers?!". Je réponds: "Euh, non, moi c'est au sujet d'un logement". "Ah oui! C'est vrai, les papiers c'est l'autre."
Bref, en une demi heure, elle avait décroché son téléphone et m'avait trouvé une chambre où dormir le soir même. A partir de ce moment là, tout est allé très vite. Quand elle raccroche, elle me dit que je suis attendu à 13h00 à l'arrêt de bus à Bolen, au nord de Stockholm, qu'une personne viendrait me chercher et que je pourrais dormir chez elle. Là, une dame qu'elle connaît pour lui avoir envoyée plusieurs Français, tient une sorte d'auberge de jeunesse et m'a trouvé une place. Thanks!

Je reviens donc à mon hôtel Best Western, règle la note -salée- monte à ma chambre prend mes bagages, tout ça en dix minutes parce que j'étais attendu à 13h00 et je me sentais -comme d'habitude- terriblement en retard.

Je prends le métro, puis le bus, et je descends à Röglat Station. Attention, et je me suis fait reprendre par le chauffeur de bus, "station" ne se prononce pas à l'anglaise mais à la suédoise, à savoir "starrion" comme la jota espagnole. Ô Suède, si tu n'existais pas...

Finalement, j'arrive plutôt que prévu, à 12h50. A l'arrêt de bus, il fait très froid et très sombre. Je suis avec mes bagages et j'attends. Je me souviens alors qu'au téléphone, la dame de l'Institut Français m'avait décris à la dame de l'auberge de jeunesse: "Il a un polo bleu ciel et un pull noir aussi, une valise noire et un sac en bandoulière marron foncé et vert kaki". Pire qu'une mission secret défense! C'était pour qu'elle me reconnaisse. En même temps, à l'arrêt de bus, j'étais seul, elle n'avait aucun mérite.

Quand je l'ai vu arrivé, elle m'a fait de grandes gesticulations comme pour me dire de monter. J'étais au bord d'une route principale, et la dame de l'auberge se trouvait sur le pont au dessus de moi. J'ai alors compris que c'était elle. Très gentille, elle m'a d'abord semblé maternelle. Elle parle anglais, avec un accent bizarre. Je la remercie de m'accueillir aussi rapidement, d'autant plus que je sais que la personne de l'Institut Français a fait du forcing pour m'obtenir une chambre.

Je me dirigeai alors vers une sorte d'auberge espagnole ou plutôt vers... la Cour des miracles.

lundi 11 août 2008

Demain, Stockholm

Les soirées et dîners de départ se succèdent et, comme tous les Aixpats, je commence à faire la liste des "choses que je fais pour la dernière fois" ou "des personnes que je vois pour la dernière fois"avant le grand départ.

Demain, départ à 7h00, et une arrivée prévue à Stockholm à 19h40. La journée s'annonce longue!
Valise, assurances, appartement, téléphone, je pense avoir tout fait, et j'espère n'avoir rien oublié.

Je vous donne maintenant rendez-vous dans la capitale suédoise où je vous écrirai sans doute du 7 Karlsgatan, mon appartement. La semaine qui vient sera faite de visites et sans doute de nouvelles rencontres, avant...the back to school! (je me remets doucement à l'anglais).

Elle est prévue pour le 18 aout, alors, en attendant, je profite de mes derniers jours de vraies vacances...A suivre

mardi 5 août 2008

Petites frayeurs d'avant départ

Je suis à quelques jours de mon départ en Suède et j'avoue que je commence à être perturbé.

Le problème n'est pas que je n'ai pas envie de voir ce beau pays où je suis déjà allé deux fois, mais je crains de quitter la France pour plusieurs mois, pour presque un an en réalité. Pourtant, la Suède -et Stockholm en particulier- c'est pas l'Afrique, c'est pas la Chine, ou les Philippines, c'est occidental comme on dit, européen, bref on est chez nous, et là bas comme en France, je serai chez moi, puisque c'est vrai, je suis aussi un Européen, et surtout, j'aime la Suède !

En fait c'est l'idée de partir aussi longtemps dans un pays étranger qui me fait un peu peur. Mais je me dis aussi que cette petite frayeur d'avant départ est normale.
Pour les deux fois où je suis allé en Suède, à Stockholm puis à Göteborg, j'ai trouvé ce pays magnifique de verdure, de lacs et de froid aussi. Et les soirées qui ne finissent jamais parce qu'il ne fait jamais nuit au début de l'été, alors on attend que le soleil se couche, mais en fait, il se cache à l'horizon et il reste là, il éclaire le ciel d'une lumière blanche et même si on ne le voit pas, il nous éclaire.
L'hiver, c'est l'inverse. Mais j'adore ça.

Dans mes albums, quelques photos de mes deux petits périples suédois...